28 Nov 2018

Le corps des pilotes de Royal Air Maroc (RAM) constitue incontestablement le bras armé de l’entreprise et de son management. Dans une interview exclusive accordée hier lundi 26 novembre au huffpost maghreb, son directeur général est revenu sur la vive tension de trois semaines qui a émaillé la compagnie en juillet dernier.

Interrogé sur cette grève, Abdelhamid Addou pense que « les troubles sociaux sont l’apanage de toutes les compagnies », et Royal Air Maroc ne fait pas exception. Selon lui « Il faut dépasser cela et commencer à écrire une nouvelle page. Aujourd’hui, l’heure est à la raison ».

En sous-effectif, l’une des exigences de l’Association marocaine des pilotes de ligne (AMPL) était la réouverture de l’école nationale des pilotes de ligne et du paiement d’un tiers de la formation.

Cette demande est sur le point d’être résolue si l’on en croit Abdelhamid Addou, qui en a fait une priorité pour l’année 2019. « L’école de pilotage de la Royal Air Maroc a fermé ses portes, mais nous ambitionnons de la rouvrir, cela se fera en 2019 à priori. Elle servira à former des pilotes pour notre compagnie ainsi que pour les compagnies africaines. » a-t-il affirmé. Détenue à 100 % de Royal Air Maroc, l’ENPL avait fermé ses portes en 2011 au motif d’un plan de rationalisation interne.

Abdelhamid Addou pense d’ailleurs que la relance de l’établissement est un impératif au vue des objectifs de la compagnie. « De toute façon, vu que nous continuons le développement de notre flotte, nos besoins en effectif évoluent exponentiellement. Notre objectif est de doubler notre flotte à l’horizon 2020 ».

Entre mi-décembre 2018 et juin 2019, Royal Air Maroc attend 9 nouveaux avions, quatre Dreamliner et cinq 737 Max, qui seront déployées sur long, moyen-courrier et les lignes domestiques. « Notre objectif est d’ouvrir 5 à 6 nouvelles routes chaque année » rappelle Abdelhamid Addou, 44 ans, le plus jeune PDG de l’histoire de la RAM.

Depuis la fermeture de la formation, Royal Air Maroc avait mis sur pied de nouvelles mesures et conditions pour le recrutement de ses pilotes. Les candidats marocains au recrutement devaient être issus de 03 écoles de formation à savoir l’Ecole nationale d’aviation civile (ENAC) de Toulouse, l’Ecole supérieure des métiers artistiques (ESMA-Aviation Academy), de Montpellier, et l’Oxford Air Training School(Oxford, Royaume Uni).

Questionné sur l’impact financier de cette grève, il estime qu’elle n’affectera trop les résultats de l’entreprise. « Nous ne pensons pas être déficitaires cette année, malgré un repli de la croissance, qui a été soutenue ces deux dernières années. Entre fin 2015 et fin 2017, nous avons gagné plus de 2,5 milliards de dirhams de chiffre d’affaires. De 13 milliards de dirhams nous sommes passés à 15,5 milliards de dirhams de CA à fin 2017 ».

Pour les resultats financiers de 2018, Abdelhamid Addou a indiqué que la compagnie fera une annonce importante le 5 décembre prochain.(Rabat,27/11/2018,NewsAero)