06 Août 2018

Un somptueux siège inauguré à Brazzaville en 2013, un budget de lancement fixé, un directeur général nommé, mais hélas Air CEMAC n’a jamais pris les airs. Suite à l’abandon du projet par les chefs d’État de la CEMAC en 2015, les ministres des Transports de la Communauté économique des Etats de l’Afrique centrale (CEMAC) ont parachevé la semaine dernière au Cameroun le processus de liquidation de la compagnie aérienne.

Le 3 août 2018 à Douala, les six ministres des Transports ont déclaré la liquidation définitive de la compagnie Air CEMAC et l’abrogation de tous les textes communautaires y relatifs. Ceci en application de la décision des conférences des chefs d’État du 6 mai 2015 à Libreville au Gabon et du 31 octobre 2017 à Ndjamena au Tchad.

Les ministres, agissant en qualité d’actionnaires, ont également arrêté que les fonds qui constituent le boni de liquidation, s’élevant à la somme de 7,569 milliards de Fcfa au 25 juillet 2018, soient affectés à la BEAC au guichet 1 du Fonds de développement communautaire.

La compagnie qui a été créée en 2001 à l’initiative des six États de l’espace communautaire, avait pour vocation de desservir les capitales des pays membres ainsi qu’une vingtaine de villes du continent avant d’envisager le développement des lignes européennes. Mais seulement « au regard des difficultés de démarrage de la compagnie communautaire Air CEMAC, les Chefs d’Etat, de gouvernement et de délégation ont décidé de renoncer à ce projet »

En effet, le projet s’était heurté depuis à de nombreux obstacles, et les défections successives des investisseurs potentiels Royal Air Maroc, Brussels Airlines et South African Airways (qui voulait un hub à Douala). Air France-KLM, qui devait prendre 34% du capital, n’avait pu obtenir pour Air CEMAC les monopoles qu’elle désirait sur certaines routes ; elle aussi avait jeté l’éponge. Le premier vol avait été annoncé pour la fin de l’année 2013.