27 Août 2018

Après 7 ans de turbulences, la compagnie Tunisair, qui plaide un très large sureffectif, souhaite se séparer de 1200 salariés.

Elyès Mnakbi, PDG de Tunisair a concédé dans une déclaration à Reuters vendredi des charges trop lourdes par rapport à la taille de la compagnie (30 appareils) et souhaite donc faire sortir 1200 employés sur les 8000 que compte son effectif. « La société souffre de difficultés financières majeures en raison du nombre élevé de travailleurs et de la masse salariale de l’entreprise », a souligné Elyès Mnakbi. « Nous avons proposé de licencier 1 200 travailleurs et nous attendons l’approbation du gouvernement pour ce programme, qui aidera l’entreprise à alléger son fardeau financier et à sortir de la crise ». En comparaison, Royal Air Maroc, avec sa flotte de 50 avions emploie 3 300 employés selon son site Internet. « Dans tous les pays du monde, chaque avion est censé avoir environ 80 employés, mais à Tunisair, chaque avion compte 165 employés, ce qui alourdit le bilan de la société », a argumenté Mnakabi.

Les difficultés financières actuelles de Tunisair sont à l’origine de retards et de clouage au sol d’avions attendant des pièces de rechange. Sa flotte d’avions exploités est ainsi passé de 30 à 24. Pour en finir, et alors que l’accord de ciel ouvert signé avec l’Union européenne menace d’ouvrir dès cette année les aéroports tunisiens à la concurrence étrangère (à l’exception de celui de Tunis pour une durée de quatre ans), Mnakabi a annoncé un programme de réformes. qu’il souhaite mettre en oeuvre. Ce plan de restructuration coûterait environ un milliard de dinars tunisiens (363 millions de dollars). Il s’attend à ce que la compagnie loue six appareils pour augmenter sa flotte en 2019, alors que la compagnie lance deux nouvelles liaisons en Afrique d’ici la fin de l’année, avec le Soudan et le Cameroun, portant le nombre de lignes sur les pays du Sud du Sahara à 10.

Tunisair table sur un trafic record de 4 millions de passagers cette année, grâce aux 30 appareils de sa flotte plus 5 appareils en location.

27 Août 2018

Ethiopian Airlines a annoncé avoir finalisé des accords avec le gouvernement du Tchad pour le lancement d’une nouvelle compagnie nationale tchadienne, qui sera nommée Tchadia Airlines ou Chadian Airlines.

Ethiopian détient une participation de 49% dans la joint-venture tandis que le gouvernement du Tchad conserve 51%. Le nouveau transporteur national tchadien devrait entrer en service à compter du 1er octobre 2018. « Le partenariat stratégique en matière d’équité dans le lancement du nouveau transporteur national du Tchad fait partie de notre stratégie Vision 2025 à centres multiples en Afrique. Le nouveau transporteur national du Tchad servira de plaque tournante solide en Afrique centrale grâce à une connectivité aérienne nationale, régionale et éventuellement internationale vers les principales destinations au Moyen-Orient, en Europe et en Asie », a commenté Tewolde GebreMariam, PDG du groupe Ethiopian Airlines.

La compagnie éthiopienne a déjà conclu des accords similaires avec plusieurs pays africains dans le cadre de son plan de croissance. Elle détient une participation de 49% dans les compagnies aériennes nationales du Malawi et de la Guinée, de 45% dans Zambian Airways et de 40% dans la société togolaise Asky Airlines. Elle négocie également avec d’autres pays, notamment le Mozambique, Djibouti, la Guinée équatoriale, la RD Congo, le Nigéria et le Ghana pour des accords similaires. (Air Journal, photo : Ethiopian)

27 Août 2018

Le syndicat du personnel navigant d’Air Namibia (Namibia Cabin Crew Union-NCCU) a fait une sortie médiatique le mercredi 22 août pour fustiger le recrutement en cours des pilotes étrangers.

La compagnie nationale de Namibie a récemment sollicité l’agence de recrutement suisse Orionway pour l’embauche des commandants de bord étrangers sur Airbus A330 et Embraer 145. Le porte-parole de la compagnie aérienne, Twaku Kayofa a justifié ce choix par la pénurie des pilotes locaux et l’expansion en cours d’Air Namibia qui enregistre une demande croissante sur son réseau.

Pour Willem Christiaans, secrétaire général du NCCU, l’argument du manque de main-d’œuvre local est un prétexte « fallacieux ». « Nous ne pouvons pas accepter avec la direction que les compétences requises ne sont pas disponibles localement. Ont-ils effectué un audit local des compétences? Pourquoi n’investissent-ils pas dans la politique de croissance et de promotion? » s’interroge-t-il. « Nous avons des pilotes namibiens employés par la compagnie aérienne qui ont les compétences et l’expérience nécessaires pour être promus capitaines de flotte. Nous n’avons pas besoin de capitaines étrangers » renchérit Reginald Kock, le conseiller aux affaires juridiques du syndicat.

À en croire le porte-parole d’Air Namibia, l’embauche des pilotes étrangers est une mesure temporaire puisque la compagnie investit suffisamment dans la formation des pilotes locaux. « Les pilotes étrangers sont employés de façon ponctuelle, pour une période de six (6) mois renouvelable, jusqu’à ce que nous trouvions un pilote local pour occuper ce poste » explique-t-il. Chiffres à l’appui, il indique « qu’auparavant, Air Namibia comptait très peu de pilotes locaux représentant moins de 10% seulement dont tous des pilotes hommes. Aujourd’hui, nous sommes heureux d’annoncer que plus de 90% des pilotes de notre effectif sont des locaux formés par Air Namibia. La compagnie aérienne dépense chaque année 30 millions de dollars namibiens pour former ses propres pilotes locaux. Nous avons également réussi à former plus de 40% des pilotes issus de milieux auparavant défavorisés et dont plus de 20 femmes pilotes ».

Là encore, Reginald Kock indique ces fonds débloqués sont un impératif et non un investissement « Ces 30 millions de dollars namibiens sont pompés. Ce n’est pas un investissement de leur part, mais plutôt de l’argent nécessaire que la compagnie aérienne est censée dépenser pour améliorer les compétences du personnel de l’entreprise » souligne-t-il. (Lire la suite sur NewsAero.)

22 Août 2018

L’aéroport international de Douala se met au vert. A l’initiative du programme de l’OACI sur la réduction de l’empreinte carbone, la principale plateforme du Cameroun est entrain de se doter d’un champ solaire de 1MW pour renforcer l’approvisionnement en énergie.

Financé par l’union européenne et exécuté par l’entreprise francaise SAGEMCOM, le projet s’étend sur une superficie de 24000m2 dont 13000m2 de panneaux solaires.

Dans sa phase d’utilisation, le champ solaire sera exploité par ADC(Aéroports Du Cameroun) et va alimenter le groupe électrogène mobile qui sera intégré aux passerelles télescopiques.

L’entrée en service est prévue le 22 octobre prochain.

Rappelons que cinq aéroports dans le monde ont été sélectionnés pour ce projet pilote de l’OACI.Il s’agit des aéroports de Kingston et Montego en Jamaïque; Mombasa au Kenya et Port d’Espagne à Trinidad et Togabo.(NewsAero)

22 Août 2018

L’Agence européenne pour la sécurité aérienne (EASA) a publié son rapport annuel qui montre qu’avec 9 accidents d’avions ayant entrainé 67 morts dans le monde, l’année 2017 a été la plus sûre depuis au moins 47 ans.

Les statistiques publiées le 16 aout 2018 par l’EASA montrent que l’année dernière a été « exceptionnelle pour la sécurité des compagnies aériennes mondiales, avec moins de décès que jamais dans l’histoire de l’industrie » – et aucun dans les vols commerciaux des compagnies des Etats membres de l’agence, où toutes activités aériennes comprises le nombre de mort en 2017 a été inférieur à la moyenne des dix années précédentes. L’une des raisons pour lesquelles 2017 a eu un nombre particulièrement faible de décès par rapport aux années précédentes est que le plus grand nombre de décès dans un seul accident était de 39, avec une moyenne de 4 décès par accident ; entre 2007 et 2016, le plus grand nombre de décès dans un seul accident était de 298, avec une moyenne de 8 décès par accident.

Cette performance déjà saluée en janvier par ASN avec des chiffres légèrement différents, ne permet toutefois pas à l’AESA de « se reposer sur ses lauriers », souligne son directeur Patrick Ky. L’agence doit faire en sorte que cette tendance se poursuive, et se développer pour faire face « à de nouveaux défis tels que les drones et les risques liés à la cybersécurité ». Il rappelle au passage que les pertes humaines de l’année dernière avaient déjà été dépassées dès la fin janvier 2018 (71 morts dans le crash de Saratov Airlines), et que dans les États membres en 2017, il y a eu des décès « dans toutes les opérations non commerciales et spécialisées », avec en outre l’accident d’une évacuation sanitaire en Italie dans lequel les 6 personnes à bord avaient péri. De tels accidents « démontrent la nécessité d’améliorer constamment la sécurité à tous les niveaux, et de partager les leçons apprises », ajoute Patrick Ky, entre autre via le Plan européen pour la sécurité aérienne (EPAS) en cours de développement. En outre, l’EASA coordonne au-delà de l’Europe « au niveau mondial pour aider à protéger nos citoyens lorsqu’ils voyagent au-delà de nos frontières ». (Air Journal)

20 Août 2018

Bilan exceptionnel et historique chez Ethiopian Airlines ! Pour la première fois de son histoire, la compagnie nationale éthiopienne a dépassé les 10 millions de passagers et atteint une flotte active de 100 avions au cours de l’exercice fiscal 2017-2018.

Les performances opérationnelles de la compagnie ont été dévoilées la semaine dernière à Addis Abeba. Pour l’exercice fiscal 2017-18, le plus grand transporteur d’Afrique a réalisé un bénéfice net de 6,8 milliards de birr éthiopiens (245 millions de dollars). Sur la même période, elle a enregistré un chiffre d’Affaires de + 43% par rapport à l’exercice précédent pour atteindre 89,1 milliards de birr éthiopiens (3.2 milliards de dollars). Et pour la première fois, elle a transporté plus de 10 millions de passagers. En augmentant de +21% par rapport à l’exercice précédent, le trafic passager s’est établi à 10.6 millions de voyageurs sur l’ensemble de son réseau.

Toujours au cours de l’exercice 2017-18, Ethiopian Airlines a mis en service 14 nouveaux avions soit une cadence de plus d’un avion par mois. Sa flotte a atteint 100 avions au mois de juin avec l’introduction de son premier Dreamliner Boeing B787-9 ( immatriculation : ETAUQ). Ethiopian Airlines devrait doubler sa flotte d’ici sept ans pour atteindre 200 avions à l’horizon2025.

Ethiopian Airlines opère aujourd’hui sur 21 lignes domestiques et 116 destinations internationales dont 8 ont été ouvertes durant l’exercice 2017-18. Il s’agit de Genève (Suisse), Chicago (États-Unis), Bahreïn, Kaduna (Nigéria), Buenos Aires (Argentine), Kisangani et Mbuji-Mayi (République démocratique du Congo) et Nosy-Be (Madagascar).

Sur le segment cargo, Ethiopian Airlines a réalisé également une augmentation de + 18% par rapport à l’exercice précédent. Le fret a atteint 400 339 tonnes. Sa section cargo opère une flotte de 8 avions (6 Boeing B777F et 2 Boeing B757F). Elle déploie aujourd’hui ses services vers 39 destinations en Afrique, au Moyen-Orient, en Asie et en Europe pour un traitement journalier de 650 tonnes de fret. L’année dernière, elle a inauguré son terminal Cargo n°2, le plus grand d’Afrique.

« Les performances historiques témoignent de la solidité de notre plan de croissance rapide, rentable et durable, Vision 2025. Au cours du prochain exercice 2018/19, nous visons à développer notre réseau, à introduire un nombre record de flottes modernes et à améliorer considérablement le service clientèle de notre hub principal avec l’ouverture à la fin de 2018 des terminaux aéroportuaires récemment agrandis à Addis-Abeba », a indiqué Tewolde Gebremariam, le PDG d’Ethiopian Airlines. La compagnie éthiopienne a par ailleurs annoncé l’acquisition de 49% des parts dans Chadian Airlines, la nouvelle compagnie nationale du Tchad.(Aj)

20 Août 2018

Pour sa première expérience en Afrique centrale, Air Algérie va se déployer vers le Cameroun et le Gabon d’ici la fin de l’année.

À partir du 02 décembre, la compagnie nationale algérienne desservira Libreville, la capitale gabonaise, trois fois par semaine les mardi, jeudi et dimanche. Le vol AH5330 partira de l’aéroport international d’Alger – Houari Boumédiène à 19h00 pour se poser à Libreville à 00h55, heure locale. Dans le sens inverse, le vol AH5331, décollera de l’aéroport international Leon Mba de Libreville à 01h55 pour arriver à Alger à 07h25.

La ligne vers le Cameroun sera proposée à partir du 03 décembre suivant le trajet Alger-Douala. Elle sera opérée trois fois par semaine les lundi, mercredi et vendredi. Le vol départ, AH5340, quittera d’Alger à 20h pour atterrir à Douala, capitale économique du Cameroun, à 01h05 heure locale. Le vol retour, AH5341, partira de Douala le lendemain à 02h05 pour arriver à Alger à 07h05. Ces deux lignes seront opérées en Boeing B737. Air Algérie sera sans concurrence sur ces trajets.

La compagnie algérienne dispose actuellement de 58 avions de ligne : 25 Boeing 737-800, deux 737-700C convertibles, cinq 737-600, trois 767-300, douze ATR 72-500, trois ATR 72-600s et huit Airbus A330-200. En Afrique, Air Algérie dessert Abidjan, Bamako, Le Caire, Casablanca, Dakar, Niamey Nouakchott, Ouagadougou et Tunis. Dans son plan d’expansion, elle vise Addis-Abeba, Banjul, Brazzaville, Conakry, Lomé, N’Djamena et Yaoundé.

Air Algérie prévoit d’acquérir 35 nouveaux avions de ligne d’ici l’an 2025, indiquait son PDG Bakhouche Alleche dans un entretien au magazine Forbes. Quinze de ces avions seraient utilisés pour étendre la flotte alors que les vingt autres viendront remplacer les avions vieillissants.(Aj)

17 Août 2018

Le groupe Air France-KLM a nommé Benjamin Smith au poste de Directeur général (CEO), l’évolution de la gouvernance concernant la présidence non exécutive du groupe et d’Air France devant être décidée ultérieurement. Le Canadien a bénéficié du soutien de l’Elysée, mais les syndicats sont déjà vent debout et annonceront le 27 aout leurs prochaines actions.

Travaux d’Hercule, y compris le nettoyage des écuries d’Augias : les analogies ne manqueront pas pour décrire le travail qui attend l’actuel numéro 2 d’Air Canada. Benjamin Smith prendra ses fonctions chez Air France-KLM au plus tard le 30 septembre 2018. Dans l’intervalle, la gouvernance de transition mise en place le 15 mai reste en place : Anne-Marie Couderc, Présidente non exécutive du Conseil d’Air France-KLM et d’Air France, et le Comité de Direction Collégiale du groupe continuent d’exercer leurs responsabilités. Dès son arrivée, Benjamin Smith prendra la direction générale exécutive du groupe et en déterminera l’organisation. Il sera chargé « en priorité de redynamiser Air France, de donner une profonde impulsion stratégique au Groupe, et de travailler avec les équipes à une nouvelle approche managériale ». Le Conseil d’administration réuni jeudi a décidé que Benjamin Smith sera nommé « dès que possible » administrateur d’Air France-KLM, avec le plein soutien de l’Etat français ; l’évolution de la gouvernance concernant « les missions et les modalités d’exercice de la présidence non exécutive d’Air France-KLM et d’Air France » sera annoncée dans les meilleurs délais, précise le communiqué du groupe.

Le groupe de l’alliance SkyTeam souligne que Ben Smith, actuellement Président Airlines et Directeur des opérations d’Air Canada, est un dirigeant « reconnu du secteur du transport aérien au plan international ». La présidente par intérim d’Air France-KLM Anne-Marie Couderc a déclaré : « L’arrivée de Benjamin Smith est une excellente nouvelle pour le groupe. Benjamin est un leader mondialement reconnu du secteur aérien qui a réussi la transformation d’Air Canada. Homme de dialogue, il a défini et mis en œuvre des accords historiques gagnant-gagnant de long terme avec les partenaires sociaux, au bénéfice des équipes d’Air Canada, et de toutes les parties prenantes. Benjamin Smith apportera sa connaissance profonde du secteur et son énergie pour renouveler le dialogue avec les équipes d’Air France-KLM autour d’une vision partagée, et pour mettre en œuvre une stratégie de conquête intégrant tous les enjeux de la concurrence. Homme de terrain, je sais qu’il s’investira avec succès dans les relations avec les équipes pour accroître le niveau de satisfaction des clients et la valeur des marques du Groupe ».

Le futur Directeur général d’Air France-KLM Benjamin Smith a déclaré : « Je suis plus qu’enthousiaste face à cette nouvelle mission. Air France et KLM sont deux très grandes compagnies aériennes, reconnues dans le monde entier pour le professionnalisme et l’engagement de leurs équipes. Je suis conscient que le Groupe fait face actuellement à des enjeux de compétitivité, mais je suis convaincu que les équipes de toutes les compagnies du Groupe ont tous les atouts pour réussir dans le grand marché mondial du transport aérien. Je suis très confiant dans la capacité du Groupe à devenir dans les prochaines années l’un des premiers acteurs mondiaux du secteur. Je souhaite gagner la confiance et le respect des équipes d’Air France-KLM pour que nous travaillions et réussissions ensemble dans cette industrie fortement compétitive et en évolution très rapide. La satisfaction des clients se joue sur tous les vols, tous les jours. J’aborde ce nouveau défi avec ma passion pour le secteur aérien et avec ma profonde volonté d’écoute de toutes les équipes au service de la mission ambitieuse que m’a fixée le Conseil d’administration. J’ai consacré toute ma vie professionnelle à cette industrie. Je suis convaincu que les équipes du Groupe Air France-KLM sont ses meilleurs atouts pour le futur succès du Groupe. Je crois avoir développé des relations de confiance très solides avec mes collègues d’Air Canada pendant ces vingt dernières années et je suis impatient de rencontrer les équipes d’Air France-KLM en septembre pour m’engager à leurs côtés. Je tiens à remercier le Conseil de me faire confiance pour cette mission ».

Côté réactions positives, le gouvernement français a salué cette nomination qui était soutenue par l’Etat, détenteur de 14% du capital du groupe et de 23% des voix : ce recrutement « marque le choix d’un grand professionnel du transport aérien, dont le parcours témoigne d’une connaissance approfondie du secteur à l’échelle internationale et de grandes qualités managériales, lesquelles ont conduit à la transformation réussie d’Air Canada. C’est une chance pour Air France-KLM d’attirer un dirigeant de cette dimension qui dispose d’une importante expérience acquise au cours des 19 dernières années passées chez Air Canada, d’un sens du dialogue et d’une grande capacité de transformation ». Benjamin Smith « bénéficie de la pleine confiance de l’Etat et des principaux actionnaires d’Air France-KLM pour rétablir le dialogue social et pour mener à bien les grands chantiers de transformation qui permettront au groupe de relever les défis du développement, de la compétitivité et de la concurrence internationale », ajoute le communiqué. Chez KLM Royal Dutch Airlines, le président Pieter Elbers a félicité Ben Smith pour sa nomination et lui souhaite « le meilleur des succès. Suite au départ de Jean-Marc Janaillac en mai, il est bénéfique pour le groupe que nous ayons désormais de la clarté sur le nouveau CEO. Avec une grande confiance, je suis impatient de travailler avec lui et de relever ensemble les défis auxquels le Groupe AFKL devra faire face à l’avenir ». Air Canada a de son côté annoncé que Benjamin Smith quittera son poste le 31 août pour prendre la direction « d’une société aérienne mondiale établie en Europe » : « Nous souhaitons à Ben beaucoup de succès dans ses projets et le félicitons de sa nomination. Au nom de notre Conseil d’administration, de notre équipe de la haute direction et de nos 30.000 employés, je remercie Ben pour son apport considérable dans le cadre des diverses fonctions qu’il a occupées à Air Canada au cours des deux dernières décennies », a affirmé le PDG Calin Rovinescu. « Plusieurs architectes ont contribué à la grande réussite de la transformation d’Air Canada et nous comptons sur une équipe de direction solide et chevronnée, qui continuera de réaliser nos ambitions sur la scène internationale, d’atteindre nos objectifs et de stimuler notre rendement opérationnel de manière durable », a-t-il ajouté.

En France, la réaction de l’intersyndicale responsable de quinze jours de grève au premier semestre avait précédé l’officialisation de l’arrivée de Ben Smith : dans un tract publié hier matin, neuf syndicats (le nom du SPAF n’apparait pas) représentant l’ensemble des corps de métiers d’Air France expliquant qu’il est « inconcevable que la compagnie Air France, française depuis 1933, tombe dans les mains d’un dirigeant étranger dont la candidature serait poussée par un groupe industriel concurrent (Delta Airlines pour ne pas le citer) ». Dans un contexte où « chaque pays cherche à défendre âprement ses intérêts économiques et ceux de ses entreprises, où la présidence Trump montre elle-même avec quelles armes la guerre économique va se mener, le choix d’un candidat doit se porter sur la défense des intérêts de notre compagnie nationale ». L’intersyndicale dit ne pas attendre « une femme ou un homme providentiel, mais un dirigeant responsable ayant une connaissance fine à la fois du modèle social français mais aussi de la position d’AFKLM vis-à-vis de ses concurrents européens. Ce futur dirigeant devra enfin proposer des projets fondés sur la haute qualité de service vantée par nos passagers et sur l’expertise et la motivation des salariés d’Air France ». Et elle prévient qu’après ces « huit mois d’errance sans dialogue puis sans gouvernance », elle reste vigilante et tiendra une réunion le 27 aout « afin de déterminer les actions qu’elle mènera dès la rentrée afin d’obtenir la fin du blocage des salaires qu’elle dénonce depuis des mois ». On remarquera que Ben Smith ne sera pas encore en poste à cette date, et que nul ne sait quand les détails de la nouvelle gouvernance seront révélés en particulier à la tête d’Air France.

Rappelons que les syndicats de pilotes (SNPL, SPAF, Alter), du personnel au sol (CGT, FO, SUD) et d’hôtesses de l’air et stewards (SNPNC, UNSA-PNC, CFTC, SNGAF) réclamaient avant de suspendre leur mouvement une augmentation générale des salaires de 5,1% dès 2018 (plus 4,7% supplémentaires pour les pilotes), avec +3,8% au 1er avril (rattrapage d’inflation 2012-2017) et +1,3% en octobre (inflation prévisionnelle de 2018). Ces revendications auraient été abaissées durant les négociations avant le CCE du 14 juin, à une hausse des grilles de salaires de 4% en 2018 et du montant du niveau de l’inflation en 2019 (hors avancement automatique). En face, Air France avait officiellement revu à la hausse l’augmentation de 1% qui n’avait été signée que par deux syndicats (CFDT et CFE-CGT représentant 31,3% des voix du personnel) : sa proposition d’accord portait sur une augmentation générale de 2% en 2018, assortie d’un seuil minimum de 25 euros par mois, puis une autre augmentation générale de 5% pour 2019, 2020 et 2021 (1,65% par an), assortie d’un seuil minimum de 40 euros par mois. Les salaires seraient selon la direction ainsi augmentés de 12,5% en moyenne sur la période (comprenant une augmentation générale de 7% pour toutes les catégories de personnel et les augmentations individuelles/GVT) ; mais ce « pacte de croissance » prévoyait d’adapter l’augmentation dans le cas où le résultat d’exploitation d’Air France serait inférieur à 200 millions d’euros, et d’appliquer une clause de revoyure en cas d’inflation plus élevée ou de résultat négatif. Le rejet par 55% de l’ensemble du personnel de ces propositions avait entrainé en mai la démission du PDG d’Air France-KLM Jean-Marc Janaillac. Les grèves successives ont coûté environ 350 millions d’euros au groupe.

Benjamin Smith selon AFKLM :

Ben Smith a débuté sa carrière en 1990 chez Air Ontario en parallèle de ses études et a créé, en 1992, sa propre société de voyages pour les entreprises. Il a mené avec succès cette expérience entrepreneuriale pendant 8 ans. En 1999, il a en parallèle pris un rôle de conseil pour Air Canada pour finalement rejoindre le groupe en 2002. Depuis son arrivée, il y a occupé plusieurs postes à responsabilités : successivement Chief Commercial Officer, Directeur de la Planification du Réseau avant d’intégrer en 2007 l’équipe de direction exécutive d’Air Canada. Au cours de sa carrière, il a développé de solides compétences de management, de stratégie, de gestion des relations sociales, de marketing, de gestion financière et opérationnelle.

Ben Smith a été en particulier l’artisan du développement et de la modernisation d’Air Canada. Il a défini et mis en œuvre la stratégie de transformation d’Air Canada au cours des dix dernières années, mis en place le projet d’expansion du réseau du Groupe Air Canada à travers le monde et renouvelé profondément la flotte en termes de nombre d’appareils et d’efficacité énergétique. Dans le cadre de ses responsabilités, il a par ailleurs redéfini la stratégie de hubs d’Air Canada avec trois hubs majeurs en fonction des marchés de la compagnie. Benjamin Smith est également à l’origine d’Air Canada Rouge, la marque low-cost d’Air Canada qui est particulièrement performante au niveau international. Benjamin Smith a été particulièrement engagé dans le dialogue social au sein d’Air Canada. Il a personnellement dirigé avec la Direction des Ressources Humaines les négociations collectives avec les syndicats. Ces négociations ont mené à la conclusion d’accords historiques de long terme gagnant-gagnant pour la compagnie, les salariés et toutes les parties prenantes.

En 2014, il est nommé President Airlines (Air Canada, Rouge, Express, Cargo) et Chief Operating Officer du Groupe Air Canada. Il a assumé la responsabilité générale des affaires commerciales, de l’exploitation, du service à la clientèle pour le Groupe. Il a dirigé également la stratégie et la performance opérationnelle et financière d’Air Canada. (Air Journal)

17 Août 2018

Qu’il s’agisse du transport aérien de passagers ou de fret, la croissance enregistrée au premier semestre 2018 est en retrait par rapport à celle du premier semestre 2018.

Sur les six premiers mois de 2018, l’Association du transport aérien international (IATA) a comptabilisé une croissance de la demande (mesurée en kilomètres-passagers payants, ou RPK) de 7,0 %. Bien que ce résultat apparaisse satisfaisant, il est en baisse par rapport au premier semestre 2017, au cours duquel la croissance a atteint 8,3 %. Côté fret, le tassement est encore plus significatif puisque la croissance de la demande mesurée en tonnes-kilomètres de marchandises (FTK) au premier semestre de 2018 s’établit à 4,7 %, soit moins de la moitié de la croissance observée en 2017. Les +2,7 % de juin 2018 marquent une poursuite du ralentissement amorcé plus tôt en 2018.

« La perspective émergente d’une guerre commerciale mondiale jette une ombre sur le tableau. », déclare Alexandre de Juniac, directeur général de l’IATA. Ce qui est vrai pour le transport de passagers, l’est aussi, dans une autre mesure, pour celui des marchandises. « Alors que le fret aérien est en quelque sorte à l’abri de l’augmentation actuelle des barrières tarifaires, une escalade des tensions commerciales entraînant un rapatriement de la production et une consolidation des chaînes d’approvisionnement mondiales modifieraient les prévisions de façon importante, et pour le pire. Les guerres commerciales ne font jamais de gagnant. »

L’augmentation du prix du carburant d’environ 60 % au cours de la dernière année est également un sujet d’inquiétude pour le directeur général de l’IATA. (aerobuzz.fr, photo : Lufthansa Cargo)

16 Août 2018

Le premier Airbus A330-200 converti pour le fret à partir d’un avion de ligne par Elbe Flugzeugwerke (EFW) a été livré à la compagnie aérienne Egyptair, qui en attend trois.

La livraison de ce premier A330-200 P2F à Egyptair Cargo, basée à l’aéroport du Caire, le 3 aout 2018 suit l’achèvement des vols d’essai en juin, et l’attribution des certificats de type supplémentaires (STC) par l’Agence européenne de la sécurité aérienne (AESA) et l’Autorité de l’aviation civile égyptienne (ECAA) le mois dernier. « La livraison rapide du MSN 600 est le fruit de l’esprit de coopération entre les partenaires EFW, ST Engineering Aerospace et Airbus, avec le soutien remarquable de l’EASA, de Launch Customer Egyptair et de l’ECAA », déclarent la compagnie aérienne égyptienne et EFW dans un communiqué commun. La compagnie de lancement de l’A330-200P2F en a commandé trois « jusqu’à présent », dans le cadre d’un renouvellement de sa flotte plus général visant à étendre son réseau et lancer de nouveaux services.

L’A330P2F peut transporter jusqu’à 61 tonnes de charge utile structurelle sur 3900 milles nautiques, tout en offrant des capacités volumétriques significatives avec jusqu’à 26 positions sur le pont principal et jusqu’à 32 sur le pont inférieur. Cette capacité et l’efficacité du nouveau P2F, « est censée réduire le coût par tonne par rapport aux autres types d’avions cargo disponibles dans ce segment de taille », d’après EFW, pour qui les deux types « sont des avions idéaux pour desservir les marchés internationaux régionaux et à moyen rayon d’action du fret et de l’e-commerce ». Le programme de conversion de l’A330 en version fret en fait aux yeux de certains le « successeur » du programme Boeing 767, qu’il viendra concurrencer à plein dans quelques années.

Le premier A330-300 P2F a été livré en décembre dernier à DHL (8 commandes fermes, 10 options), tandis qu’un premier contrat pour la conversion d’un A321 a été signé en février 2018 avec Vallair (10 avions concernés).

Le programme A330P2F, lancé en 2012, est une collaboration entre ST Engineering Aerospace, Airbus et leur coentreprise EFW. ST Engineering Aerospace, en tant que responsable technique et de programme pour la phase de développement technique, est responsable de la candidature aux certificats de type supplémentaires auprès de l’AESA et de la Federal Aviation Administration (FAA) des Etats-Unis ; Airbus contribue au programme avec le soutien des données OEM et de la certification, tandis qu’EFW mène la phase d’industrialisation ainsi que les ventes et le marketing pour le programme de conversion des avions du transport de passager à celui de fret. (Air Journal, photo : Airbus)